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DIX-HUITIEME ARTICLE : FLUX VENTEUX EN ETE

Accoudé à la rambarde en verre, je contemple du dixième étage la ville qui s'étend sous moi. Entre ciel et terre, je suis pris d'un vertige.

Soudain, le vent seve. Je sens un souffle doux comme du coton me caresser le visage, je ferme les yeux. Mes mains glissent alors sur la rambarde. Mon esprit me quitte, mon corps devient roi.

J
'ouvre les yeux : la moit de mon corps est suspendue au-dessus du vide. Je me penche un peu plus. Le vent souffle doucement sur ma nuque, mon cou. Je ferme un court instant mes yeux. Je me penche un peu plus. Je vois le sol, loin là-bas, loin sous moi. Je me penche un peu plus.

Je redresse ma tête devant moi, à l'horizontale. Je fixe la ligne séparant Terre et Ciel. Je sens alors mes doigtscher un à un la rambarde. C'est alors que je le sens, magique, parfait : mon équilibre...

J'achève le mouvement de bascule par-dessus la rambarde. Comme au ralenti dans un film, mes piedscollent lentement du sol. Peu à peu, ils s'élèvent dans les airs.

Mo
n corps estsormais à l'horizontal. Je sens mon ventre contre la rambarde. Je ferme les yeux. Puis je me laisse glisser en avant...

Je suis dans le vide, mais je ne tombe pas. Je ne sens que le vent sur mon corps, comme une caresse. J'ouvre les yeux. Je regarde vers le bas. Je regarde vers le haut. Je regarde devant moi. Je me dis que je suis une plume bercée par le vent.

Et puis je comprends : ce n'est ni la terre, ni le ciel qui me font flotter dans les airs, c'est le vent.

J
e ferme les yeux. J'aimerais avancer. Je crois entendre un murmure, est-ce le vent ? Mon corps glisse alors lentement vers l'avant, toujours à l'horizontal.

J'ouvre à nouveau les yeux : j'avance bel et bien au-dessus de Paris, en apesanteur. J'étends alors mes bras sur le té, comme un oiseau. Je sens un léger sourire s'esquisser sur mes lèvres. Je continue de glisser, entre ciel et terre.

Un
murmure, encore une fois. Est-ce le vent ?

Je
contemple la vie qui s'agite sous moi, les nuages blancs et le ciel bleu dans les hauteurs. Le vent souffle sur mon corps, mon visage.

C
ette fois-ci, j'entends distinctement un murmure. Une voix cristalline, aérienne, me murmure : "Quand arrivera-t-il ?"... Ce murmure pénètre alors mon corps, mon Coeur, mon Âme. Ce murmure... Mais est-ce le vent ?

U
n coup d'oeil vers le bas, puis vers le haut. Finalement je leur préfère l'horizon. Quand arrivera-t-il ? Océan grisâtre sous moi, océan d'un bleu profond au-dessus de moi, un océan parsemé dcume blanche...

Je sens le vent souffler sur mon visage. J'entends son doux bruissement. Quand arrivera-t-il ?

U
n sentiment d'éternité s'empare de moi. Mon Âme est alors attirée vers l'horizon. Je le sens, le saisis. Je le sens (est-ce à cause du vent ?), si loin, si proche : l'Océan.
Mon Océan, bleu, profond, immortel.

Quand arrivera-t-il ?
DIX-HUITIEME ARTICLE : FLUX VENTEUX EN ETE
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# Posté le lundi 04 août 2008 07:31

Modifié le lundi 04 août 2008 16:33

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