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ARTICLE 21 : 5 SERIES, 5 REUSSITES DU GENRE

Des mois que je n'avais pas écrit ici. La tête ailleurs, dans d'autres sphères.

Et puis cette plate-forme m'ennuie de plus en plus, j'aimerais trouver une autre forme de publication. Un site peut-être, je plancherai sur l'idée...

5 séries donc. Oui, parce que (qui l'eut cru ?) je me suis mis à suivre des séries.


Commençons par ce que je n'aime pas : toutes ces séries -très en vogue- centrées sur des équipes, policières, criminelles, scientifiques, et autres équipes toutes plus ennuyeux et convenues les unes que les autres. J'ai regardé, j'ai essayé, je peux plus. J'avais l'impression de voir sans cesse des clones de clones de clones de séries. Bref...

Heureusement quelques séries relèvent le niveau, et haut la main ! En parlant de main, elles se comptent vraiment sur les doigts d'une main. 2 à la limite, je vous l'accorde. Mais je vais m'en tenir à une seulement.


D'abord, comme des millions de gens, mon coup de coeur de ces derniers mois, c'est bien évidemment LOST. Mais quelle idée de génie ! Pour celles et ceux qui ne la connaîtraient pas (peu de chances a priori, mais sait-on jamais) : un crash d'avion sur une île étrange qui amène les rescapés en question à survivre dans un premier temps, puis à explorer et découvrir cette île mystérieuse...

Evidemment on pense très vite à une multitude de références : Jurassic Park, Le Monde perdu, les films de Spielberg et Lucas, et par la suite des oeuvres telles qu'Alice au pays des merveilles, ou encore des échos à l'empirisme anglais et autres mouvements philosophiques. Autant le dire tout de suite : LOST frappe dès les premiers épisodes par ses multiples dimensions : terre-à-terre, "métaphysique", psychologique, onirique...
La richesse de cette série, c'est sa capacité à mélanger les genres et les thèmes : temporalités confondues, destins croisés des personnages, tonalités graves comme légères, réactualisations d'anciens mythes mêlées aux technologies les plus actuelles, etc. Ca frise parfois le ridicule, le grandiloquent, mais c'est tellement bien fait... Les scénaristes font un travail épatant, le moindre détail est pensé, les grilles de lectures sont multiples, de telle façon à ce que chacun y trouve son compte. Et puis les acteurs sont extraordinairement bien choisis dans l'ensemble ! (Coup de coeur pour Ben et Alpert à ce sujet!)
Je laisse de côté toutes les questions passionnantes que soulève LOST (des plus basiques aux plus métaphysiques), pour m'attarder un peu sur sa narration. Si les premiers épisodes étaient assez classiques (une action au temps présent ponctuée de flashbacks), chaque saison a par la suite amené quelque chose en plus. Pour ceux qui n'auraient pas encore découvert la série, je ne vais rien dévoiler des intrigues des diverses saisons, mais disons simplement que la narration de la série est devenue complexe et riche en interprétations ! Autre point positif : impossible de manquer un épisode, tant le tout fait sens. La cohérence de l'ensemble des épisodes est incroyablement travaillée, et nous change de ces séries dont on peut voir un épisode sur 3 sans que cela gêne la compréhension.

Il faut bien reconnaître que Lost a un parfum de mystère des plus attrayants... Et des personnages très très attachants (parce que bien écrits et interprétés), qui viennent donner corps (et âme) à des storylines qui ont parfois leurs défauts. Mais la plus grand force de LOST, c'est qu'elle aborde des questions essentielles, d'une manière on ne peut plus efficace. En quelque sorte, on a là une merveilleuse addition du spectaculaire US et de la finesse européenne. Je caricature volontairement, mais l'idée y est. Quand des questions existentielles viennent soutenir des scènes d'une grande force visuelle et émotionnelle, on obtient l'une des séries les plus réussies de ces dernières années !


Et justement, puisque l'on parle de temps, remontons au début des années 90 pour s'attarder sur une autre série que j'adore : TWIN PEAKS, de David Lynch. Le pilote est assez banal en soi : une jeune fille est retrouvée morte dans une petite ville des Etats-Unis, qui l'a tuée ? Mais avec Lynch à la réalisation, on ne pouvait qu'avoir un chef d'oeuvre ! Pour être honnête, je n'ai pas encore terminé la première saison, mais je peux déjà attester de l'atmosphère unique qui se dégage de cette série... Atmosphère à l'image des films de Lynch, quelque part entre le fantastique et le dramatique. La musique joue un rôle crucial -comme souvent-, et les thèmes de Badalamenti (compositeur attitré du cinéaste) sont aussi envoûtants qu'émouvants. La folle originalité de cette série tient à peu de choses, que l'on retrouve dans la filmographie de Lynch : temps dilué, ellipses étranges, musique enveloppante, photographie magnifique, personnages et tons décalés... Ca ne ressemble à rien. Et pourtant ça joue sur les clichés et les codes du genre ! Mais encore une fois Lynch détourne tout ce que l'on pourrait croire pour créer une réalité trouble (et troublante), fascinante et très émouvante. Là encore le mélange des genres est frappant : on passe de situations comiques en situations étranges ou dramatiques en l'espace de quelques secondes... Du très grand art. Et sans conteste la meilleure série que j'ai vue jusqu'à présent.

Dans un tout autre registre et plus actuel, j'apprécie également DEXTER. L'idée de base : Morgan Dexter est un expert scientifique du service médico-légal de la police de Miami, mais également un tueur en série redoutable, qui ne tue que les "mauvaises" personnes. Le point fort de cette série, c'est son comédien principal, remarquable, en plus d'avoir un charme fou. On peut sentir l'influence de Jonathan Demme ou David Fincher, pour la caractérisation du personnage comme pour l'ambiance générale. Le ton se veut grinçant, entre le comique et le trash (enfin je m'entends par trash, rien d'atroce à l'écran évidemment). En revanche, ça se veut aussi amoral, et là je ne suis pas du tout d'accord. Car sous des airs faussement anticonformistes, cette série est moralisante au possible... Sans entrer dans les détails, Dexter ne tue que les personnes qui le méritent en gros. Et ce sans compter les valeurs religieuses et traditionnelles que sous-tend la série, en filigranes. Parfois ça en devient énervant.
Malgré tout ça reste une série très intéressante à suivre, car c'est très souvent original et très décalé. Et de belles visions des choses sont souvent proposées, visions poétiques et cruelles, cyniques. Le traitement du corps et des meurtres a quelque chose à voir avec Fincher et Burton, entre l'esthétisme et le glauque.
En bref, Dexter est une série passionnante à suivre car elle a le mérite de suivre un seul et unique personnage principal, pour nous faire redécouvrir le monde à travers les yeux d'un être particulier. A travers une intériorité singulière. C'est là que les scénaristes ont trouvé une idée extra : qui ne se sent pas, au fond de lui-même, "particulier", en marge des autres individus ? L'idée est excellente, et il est impressionnant de voir à quel point on s'attache au fameux Dexter, alors même qu'il tue de la façon la plus violente plusieurs individus, aussi monstrueux soient les individus en question.
On pardonnera donc à cette série sa défense des valeurs traditionnelles US pour apprécier la vision cynique et poétique (oui oui, je tiens à ce terme) de notre expert en sang.


Autre série que j'aime par-dessus tout : Desperate Housewives. Inutile de faire les présentations je présume... Je persiste à croire que cette série a quelque chose à voir avec le conte. Le côté kitsch de l'ensemble, le ton léger utilisé, la voix off pour introduire et conclure les épisodes, les "morales" délivrées en fin d'épisode, etc. Tout ça ramène la série au conte, je crois. On rit beaucoup devant les aventures de nos 5 héroïnes (ou 6, selon la saison) : le rire comme arme de destruction du laisser-aller ; le rire comme politesse du désespoir. Car si Desperate Housewives joue avant tout sur le registre comique, cela n'empêche nullement des instants de grâce, d'émotions intenses. Intenses grâce au jeu fabuleux des comédiennes, Marcia Cross (Bree) en tête ! En revanche il faut bien reconnaître que l'intrigue "policière" qui sert de toile de fond à chaque saison est souvent ratée, ou bien mal amenée, mal terminée, mal développée... Bref, ces intrigues ne sont souvent que très peu intéressantes, et ne sont que des prétextes. Idem en ce qui concerne les storylines de certains personnages. Mais qu'importe, globalement c'est écrit finement, et je suis toujours frappé de voir à quel point les scénaristes peuvent nous faire basculer du rire aux larmes en quelques secondes. Le rythme du montage et des répliques m'étonne aussi toujours !
Il y a évidemment quelques petites choses qui m'énervent, des éléments convenus, politiquement correct. Mais c'est un immense plaisir de suivre cette série, qui traite mine de rien de tous les sujets, avec humour et légèreté. Cette légèreté ne doit pas faire oublier la profondeur de la série, bien réelle.


Et enfin pour conclure, l'incontournable Dr HOUSE ! Difficile de ne pas accrocher : un acteur charismatique, un humour qui fait mouche, et une dimension voyeuriste attirante. C'est l'un des défauts de la série d'ailleurs, le voyeurisme : quelle utilité de montrer en gros plans certains détails chirurgicaux ? Oui, parce que -pour ceux qui seraient passés à côté du phénomène House- notre docteur bosse dans un hôpital. Mais n'aime pas ses patients, n'aime personne ni rien d'ailleurs. Chaque épisode traite du cas d'un patient, autour du quel se greffe quantité d'éléments secondaires bien sûr. A la longue ça devient un peu lassant d'ailleurs, mais c'est vraiment très drôle, et le détachement cynique de House emporte l'adhésion, il faut bien l'admettre !
Ce n'est pas un chef d'oeuvre dans le monde des séries, mais ça reste excellent et assez jouissif
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Ce qu'il faut bien admettre, c'est que le format des séries (20, 40 ou 50 minutes) est idéal, et qu'elles sont faciles à suivre, entre internet et la télé. Le prolongement du plaisir, au fil des épisodes, est jouissif. Au bout d'un certain temps, on retrouve les personnages d'une série que l'on aime comme on retrouverait un ami proche, quel attachement ! Comment ne pas fondre pour des personnalités telles que Bree Van de Kamp, Dexter Morgan, House, Richard Alpert, Benjamin Linus... voire même des Kate Austen ou des Susan Mayer ?



# Posté le dimanche 16 novembre 2008 09:03

Modifié le mardi 11 août 2009 17:57

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