Comment expliquer ? Comment retranscrire par des mots, de simples mots, toute la complexité de ce que je ressens pour elle ? Qui donc, "elle" ?, me direz-vous (à juste titre, je vous l'accorde). Mais voyons, elle bien sûr, Elle ! LA dernière grande diva du paysage artistique du XXè siècle. Une femme et une Artiste hors normes. Une carrière de près de cinquante années, une quarantaine d'albums enregistrés, et un nombre de succès incalculable. L'une des plus grandes chanteuses du XXè siècle assurément, mais aussi réalisatrice, productrice et actrice. En terme de ventes d'albums, elle n'est battue que par Elvis Presley, et devance ainsi les Rolling Stones ! C'est dire l'ampleur du phénomène au cours de la seconde moitié du siècle.
Mais par delà ces considérations au final peu (voire pas du tout) intéressantes, je vous propose d'évoquer de façon plus constructive (du moins vais-je tenter, je ne promets rien!) cette Artiste que j'admire.
Barbara Joan Streisand est née le 24 avril 1942 à Brooklyn, New York, de parents juifs américains. Son père, Emanuel Streisand, professeur, meurt alors qu'elle n'a que 15 mois. Par la suite, la jeune fille entretiendra de très mauvais rapports avec le nouveau compagnon de sa mère, Louis Kind. De ce second mariage naquit Roslyn (qui deviendra elle aussi artiste). Des tensions existaient déjà entre Barbara Joan Streisand et sa mère, Diana, cette dernière ne souhaitant pas que sa fille fasse une carrière artistique. Elle trouvait en effet que sa fille n'avait pas suffisament de talent et de qualités pour tenter sa chance dans le show business. Ce manque de reconnaissance marquera à vie Barbara.
Barbara Joan Streisand délaissa assez rapidemment ses études pour tenter sa chance dans le monde artistique. Son rêve est de devenir actrice. Après un concours de chant, elle devient chanteuse dans un nightclub (le terme n'avait alors pas exactement la même connotation que de nos jours, je tiens à le préciser!). Elle joue par la suite dans diverses comédies musicales à Broadway, dans de petites salles. En 1960, elle change son prénom pour devenir celle sous lequel elle est désormais mondialement connue. Ce (qui pourrait sembler n'être qu'un) détail montre une facette de sa personnalité qui planera sur toute sa carrière à venir : une volonté hors du commun de se démarquer nettement des autres. Barbra Streisand s'est construite seule au cours de son enfance, devant faire face à une mère qui n'a jamais su lui donner ce qu'elle aurait pu espérer d'elle. Ce à quoi il faut ajouter l'évidence de la souffrance qu'a engendré la perte de son père... Mais, malgré tout cela, la volonté de Barbra Streisand n'en est que plus forte. Son caractère, ses colères, son perfectionnisme, sa volonté de tout maitriser, tout contrôler, s'expliquent probablement par cette enfance solitaire, où elle ne se sent ni à l'aise ni reconnue par ses pairs.
La jeune Barbara devient donc en 1960 la femme Barbra. Après diverses expériences, elle est finalement remarquée en 1962, à 19 ans seulement, dans sa première pièce à Broadway, I can get it for you wholesale, dans laquelle elle interprète un petit rôle toutefois. Cette même année, elle enregistre son tout premier album chez Columbia Records (qui est en fait l'enregistrement audio de la pièce en question).
1963. Barbra Streisand sort son tout premier album studio, The Barbra Streisand Album, qui rencontre un vif succès. Elle remporte d'ailleurs deux Grammy Awards (meilleure artiste féminine et meilleur album de l'année). Un second album, suivi d'un troisième l'année suivante, confirment son succès croissant. Alors que le rock'n roll et les Beatles battent tous les records, elle parvient à se hisser dans le Top 10 des meilleurs ventes d'albums de l'époque. Un exploit.
Raconter la carrière de Streisand serait une entreprise fastueuse et passablement ennuyeuse pour certains -éventuels- lecteurs, je vais donc me contenter pour la suite de quelques précisions et ressentis (ces derniers étant bien évidemment ce qui m'intéresse le plus).
Au cours des années 60, Barbra Streisand joue dans diverses comédies musicales à Broadway, parallèlement aux sorties (nombreuses) de ses albums studios, tous de grands succès. A ce jour, 60 albums ont été produits par la chanteuse. -Albums vendus dans le monde entier par millions.- Parmi ses plus grands succès, citons Memory, Woman in Love, ou encore The Way we were...entre autres. Je ne peux pas m'empêcher de parler de mes deux morceaux préférés, Somewhere et Someone that I used to love, deux morceaux qui excercent sur moi des émotions à la fois intenses et mystérieuses (parce qu'intenses justement). Avant de refermer cette petite parenthèse, je tiens aussi à glisser dans cet article le nom d'un album pour lequel j'éprouve une affection démesurée : "Barbra Streisand -A collection- Greatest hits...and more". Année de sortie : 1989... Je me dis que le hasard n'existe pas parfois...
L'artiste tourne également dans beaucoup de films, qu'il s'agisse de comédies musicales (Funny Girl, Hello Dolly...), de drames (Cinglée) ou de films mêlant les deux genres (The Way we were, A Star is born...).
Barbra Streisand a également réalisé trois films. En 1983, elle est à la fois actrice, réalisatrice, scénariste et productrice de son premier long-métrage, Yentl. Elle y évoque son histoire personnelle tout en offrant un propos totalement hors du temps, parce qu'universel. Une véritable merveille. On note la présence de Michel Legrand au générique de ce bijou, en tant que compositeur naturellement. En 1991, elle réalise Le Prince des Marées, un film sombre, dans lequel elle joue également. La dureté et la tristesse qui se dégagent de ce film tranchent avec ses deux autres longs. Elle réalise une oeuvre singulière, d'où se dégage des émotions très fortes. Enfin, en 1996, elle réalise Le Miroir a deux faces, pour lequel elle est aussi productrice et actrice. Elle offre une très belle comédie, à l'image de son univers.
La carrière de Barbra Streisand est donc multiple. Car même si elle est avant tout chanteuse, elle est également comme nous l'avons vu actrice, réalisatrice et productrice.
Mais venons-en au plus dur à expliquer, à communiquer. Comment qualifier l'univers de Barbra Streisand ?
Je crois que la principale caractéristique de l'oeuvre de cette immense artiste réside dans une volonté constante chez elle à tirer tout ce qu'elle touche vers le haut. L'expression n'est pas très fine (et manque de pertinence) -et je vous demande de m'en excuser-, mais je vous livre les mots tels qu'ils me viennent à l'esprit.
Un mot vient de se former. Un mot. Ce mot qui me fascine et me hante, depuis longtemps : TRANSCENDANCE. Cette idée de transcendance, de dépassement de soi, est à mes yeux la chose la plus mystérieuse et fascinante qui puisse exister. Mais ça c'est une autre histoire (qui mériterait peut-être un article d'ailleurs...Quoique. Peut-être pas justement.).
Lorsque l'on observe avec attention la vie de Barbra Streisand, on comprend qu'elle a puisé toute sa force, d'une part, d'elle-même et, d'autre part, de son vécu. Le vide laissé par ce père mort trop tôt, le manque d'amour inhérent à cette disparition, la non-acceptation de ce qu'elle est par sa mère, la sensation de se sentir différente des autres... : tout ce parcours personnel explique à mon sens (du moins en partie) la volonté intrinsèque chez Streisand de transcender tout ce qu'elle touche. Je suppose d'ailleurs que ça ne résulte pas d'un choix, mais plus d'un besoin, d'une nécessité. Pour vivre, pour avancer. Mais ce n'est qu'une hypothèse...
On comprend alors son talent extraordinaire, mais aussi son perfectionnisme (poussé à l'extrême parfois) et son caractère bien trempé.
Au vécu et à la personnalité, il faut -je crois- ajouter un don. La Vie a donné à cette femme un don hors normes : sa voix. Une voix d'une beauté inouïe, une puissance inégalée, une émotion intense se dégageant de chaque note, une capacité à varier les registres (de la variété au classique), et -surtout- quelque chose de lumineux. Il émane de la voix de Barbra Streisand quelque chose de solaire, qui irradie.
D'autre part, bien que considérée aux Etats-Unis comme "la plus belle des laides", je trouve la femme absolument sublime. Comment ne pas succomber face à la beauté féline de ce regard, intense, profond ? Barbra Streisand n'est pas "jolie", mais belle. La nuance est ici fossé. Sa beauté provient de son charme, sa grâce, bref pas d'elle en soi, mais de tout ce qui émane d'elle. Cette beauté hors normes (à l'image de l'artiste), puisque pas 'classique', se ressent -ou pas, selon notre sensibilité-.
Avant de poursuivre cet article, j'ouvre une parenthèse -et pas des moindres!-. Le 26 juin 2007, j'ai eu la chance de voir Barbra Streisand en concert, à Bercy. (...) Pour tout vous dire, j'avais prévu à la base pour cet article de raconter cette soirée passée en compagnie de Streisand. Voilà à présent plus de trois mois que je n'arrive pas à me décider à écrire ce compte-rendu du concert. Et je constate en essayant de l'écrire que je ne peux pas. Cette nuit du 26 juin, que j'ai partagé avec une des personnes que j'Aime le plus au monde, restera gravée dans ma mémoire comme l'un des moments les plus beaux que j'ai vécu. Un moment intense, pur, sublime. Le raconter, ce serait le détruire. (...) Je peux simplement dire que je n'oublierai jamais ces quelques heures partagées avec Toi. Et je ne te remercierai jamais assez pour m'avoir offert la possibilité d'être là-bàs, à ce moment-là, avec Toi. Merci. Merci. Merci. Ce sont ces instants qui rendent la Vie belle.
Transcendance. Je perçois Barbra Streisand comme l'incarnation quasi-parfaite de cette notion. Toute sa carrière artistique (mais aussi ses choix de femme, notamment sur le plan politique, où elle est très engagée) est tournée vers cette idée de dépassement, de soi, de ce que nous inflige la Vie parfois. Lorsque j'entends cette voix, je ressens une émotion intense, et ce depuis tout petit. Je peux difficilement l'expliquer tellement c'est profond. Ecouter Barbra Streisand, c'est me tourner vers la Lumière quand je ne sens que le néant autour de moi. C'est voir la Lumière du jour quand je me sens aspiré par le Noir de la nuit. C'est chercher aussi bien en moi que dans ces notes la force de vivre. Ecouter Streisand est vital pour moi. Je me ressource, je reviens à moi lorsque j'entends cette voix familière. Je reviens vers l'enfant qui se cache en moi. Cette voix dit à cet enfant que le Bonheur est possible, que la Vie peut être belle, que l'Espoir est permis. Le temps durant lequel j'écoute Streisand, je ne souffre plus, je suis porté : J'entends ces notes, cette voix, et je prends mon envol, comme si je sautais par la fenêtre pour mieux planer au-dessus de la vi(ll)e, par-delà les nuages. Je m'élève. Barbra Streisand fait surgir en moi ce qu'il y a de meilleur, cette partie de moi-même résolument tournée vers l'avenir, vers l'espoir, la Vie. L'autre partie, celle qui se sent comme aspirée par le désespoir, la tristesse, l'angoisse, la Mort, n'existe plus quand sa voix résonne en moi.
Un état proche de l'Amour me direz-vous. Oui, peut-être... Je ne sais pas. Je ne sais pas quel mot poser sur l'intensité de ce que je ressens pour cette Artiste. Elle est le seul être sur notre petite planète qui puisse faire fondre en moi tout ce qui gravite autour de la Mort. Personne n'était parvenu à m'apaiser à ce point jusqu'ici. Si, un Être. Qui se reconnaîtra je pense.
Je ne peux pas mieux retranscrire toute l'intensité et la beauté de cette émotion unique dans ma Vie.
Je ne crois pas pouvoir communiquer plus avec mes mots. A vous maintenant -si vous le souhaitez- de vous plonger dans cet univers solaire.
De Barbra Streisand émane une Lumière, qui illumine mes zones d'Ombres. Pour mieux éclairer mon Coeur. Pour le réchauffer. L'illuminer.
La Lumière. Encore et encore. Toujours. Toujours. Toujours.
A jamais.
Angel-B.