SIXIEME ARTICLE : BUSH AND HIS GOD, A GREAT LOVE STORY...

George W. Bush, aîné de six enfants, est arrivé sur Terre le 6 juillet 1946, au Texas. Père : le célèbre George Herbert Walker Bush. Mère : Barbara Pierce (nom de jeune fille). George W. Bush a été un enfant gâté, vivant dans une famille aisée. A l'âge de 13 ans, le jeune homme est placé dans un pensionnat pour garçons en Massachusetts, considéré à l'époque comme la "plus dure école privée d'Amérique" par le Time Magazine. Après une licence d'Histoire, Bush Junior joint une confrérie secrète -connue depuis-, celle des Skull and Bones, fréquentée par son père et son grand-père avant lui. Jusque là, une existence absolument parfaite. En 1962, il fait son service militaire en s'engageant dans la Garde nationale, lui permettant de devenir pilote d'un F-102. Ainsi, George Bush évite la guerre du Viet Nam... Le courage n'était probablement pas un des grands idéaux du futur président des Etats-Unis ! C'est sans doute regrettable. Pendant ses congés, il participe à des campagnes électorales. Après avoir été refusé à la faculté de droit de l'Université du Texas, il est admis à la prestigieuse Harvard Business School ('management') : il obtient son MBA (diplôme) en 1975 (29 ans). Dire que G. W. Bush est un parfait idiot relève du faux, du moins partiellement. En 1978, il se présente à l'élection pour la Chambre des représentants, mais il échoue. Il crée alors une entreprise de recherche de pétrole et de gaz, "Arbusto Energy" ('arbusto' signifie 'bush' en espagnol) : élément important pour comprendre par la suite certains aspects de la politique -extérieure notamment- du gouvernement américain... Bush doit faire face à diverses crises. Certains accusent le père de G.W. Bush d'avoir fait pression afin de permettre à son fils de garder le contrôle de son entreprise... En 1988, Bush Junior, âge de 42 ans, participe à la campagne victorieuse de son père...

George Bush a connu une période de débauche, dont il est sorti vers la quarantaine, au cours de laquelle il a sombré dans l'alcoolisme. Sa famille et les amis de son père ont tout fait pour lui donner une apparence sociale acceptable en l'assistant étroitement et financièrement dans ses entreprises économiques... En 1994, Bush est élu gouverneur du Texas pour quatre ans, mandat renouvelé en 1998. On notera le fait que Bush se prononçait alors pour la peine de mort, faisant ainsi condamner de ses mains 152 prisonniers, et -plus grave- refusant même les demandes de recours aux tests ADN... En 2000, George W. Bush remporte les élections présidentielles face à Al Gore (parti démocrate), en axant son programme sur les affaires intérieures du pays. Cette élection a nécessité un recomptage des votes dans certains Etats, et certains pensent -probablement à juste titre- qu'Al Gore devançait G. W. Bush... [ Bush 47,9 % / Al Gore 48,4 % ! ] En 2004, Bush est réélu, face au démocrate John Kerry (50,7 % contre 48,3 %). Le clivage entre "Etats rouges" républicains et "Etats bleus" démocrates est aussi tranché que lors de l'élection précédente. Les grandes villes américaines, notamment celles de l'Est des Etats-Unis, ont majoritairement voté pour John Kerry, contrairement aux plaines de l'Ouest...

De nombreux reproches peuvent être faits à ce président... Tout d'abord, George Bush est en faveur de la peine de mort, jugeant cette peine "dissuasive", comme plus de 66 % des Américains et près de 80 % des Texans... D'autre part, l'une des premières décisions du G. W. Bush fut de retirer les USA du Protocole de Kyoto et de modifier le "clean air act", texte sur la pollution de l'air, afin de le rendre moins sévère. Sur le plan économique, il en est de même : en quatre ans, les dépenses de l'Etat augmentent de 20 %, et Bush totalise à la fin de son mandat un déficit de 413 milliards de dollars, alors que Bill Clinton avait laissé à son départ un bénéfice de 236 millions de dollars, à titre de comparaison... En 2005, à cause de l'incapacité de l'Etat à réagir efficacement aux dégâts terribles causés par Katrina en Louisiane, Mississippi et Alabama, la côte de popularité de Bush chute à 40 %, même si celle-ci est remontée depuis. Enfin, George Bush est fermement opposé à l'euthanasie et à l'avortement, pour cause de croyance religieuse... Il préconise également des moyens de contraceptions dits naturels...

La croyance de G. W. Bush a eu des impacts pour le moins impressionnants. Peu de temps après sa première élection en janvier 2001, il fut invité sur un plateau de télévision, où une prière fut prononcée en début d'émission pour le mandat du président... Plus tard, lors d'un débat présidentiel, on lui demande quel est le philosophe ou le personnage historique qu'il admire le plus : il répond « Jesus Christ ». Il expliquera par la suite que Dieu l'a aidé à sortir de l'alcoolisme, ce qui en soi se respecte tout à fait. Le hic vient du fait que dès que G. Bush découvre la religion, il se sent alors investi d'une « mission divine », selon ses propres termes... Pour mettre en application celle-ci, le président s'entoure de conservateurs de droite. Les conseils réunissant le gouvernement à la Maison Blanche sont toujours précédés de prières. Et pour cause, puisque G. Bush déclara que « seuls les croyants en Jésus iront au paradis ». Cette pensée est également reprise par son ministre de la Justice : « Nous n'avons pas de roi, sauf Jésus »... En salle des ministres, entre les discussions se déroulent des prières donc, mais aussi des études de la Bible. Le fait que Bush puise sa force dans la religion serait quelque chose de positif si cela n'avait pas de répercussions dans sa politique. Ainsi, Bush s'est déclaré « contre l'homosexualité », faisant partie de la droite chrétienne. Au point que le fondateur de la coalition chrétienne a déclaré en 2001 que « les païens, les homos et les lesbiennes sont moralement responsables des attentats ». Autre fait surprenant, le chef des services secrets qui parle de la guerre contre le terrorisme en montrant sur une photo des attentats...le diable. En réalité ? Un avion. Américain. La croyance au paradis et à l'enfer est très importante aux Etats-Unis. Ainsi, si Israël est protégé par l'Amérique, c'est moins pour ce pays en lui-même que pour le salut des USA... L'alliance entre Israël et la droite chrétienne est tellement forte que cette dernière pense que Sharon est l'homme « envoyé de Dieu » ; Sharon a de fait rencontré neuf fois G. Bush.

Il est évident que les néo conservateurs tirent les ficelles à Washington. La guerre en Irak fut déclenchée par Perle, conseiller 'souterrain' du président..., ainsi que par le sous-secrétaire d'Etat à la Défense, dans le but de refaire la carte du Moyen-Orient. Il apparaît dès lors que Bush est manipulé par son gouvernement. Ce dernier, pour information, considère avoir mis fin au bloc communiste. Pourquoi pas la même chose au Moyen-Orient ? L'Irak était un lieu idéal. Seulement voilà, il manquait un prétexte...qui fut les attentats du 11 septembre 2001. Avant cette triste date, Bush n'avait pas de réel programme. Le 20 septembre 2001, il fit une déclaration, dénonçant le terrorisme, et invoquant Dieu, comme souvent dans ses discours. Le plan est ainsi mis en place. Un rapport secret révéla par la suite qu'un responsable à la Maison Blanche déclara qu'il fallait « mettre ça sur le dos de l'Irak ». Dick Cheseay déclenche l'intervention militaire. L'Irak est désignée par le gouvernement américain comme « responsable » des attentats. Bush fait des liens entre Al Quaïda et Saddam Hussein devant les journalistes. Perle ira même jusqu'à dire à la télévision que « ce salaud de Daddam Hussein est responsable du 11 septembre ». En janvier 2002, Bush poursuit ses mensonges : « L'Irak continue d'afficher son hostilité à notre égard et de soutenir la terreur. Le régime Irakien développe en secret de l'anthrax, des gaz mortels et des armes nucléaires depuis plus de dix ans. Ce régime a accepté les inspections internationales pour finir par expulser les inspecteurs. Ce régime a quelque chose à cacher au monde civilisé. Des Etats comme ceux-là, et leurs alliés terroristes, constituent un axe du mal, qui s'arme pour menacer la paix du monde. A la recherche d'armes de destruction massive, ces régimes constituent un danger grave et croissant. Le prix de l'indifférence serait catastrophique. »

Voilà. Le lien 11 septembre/guerre en Irak est fin prêt. Tout cela n'est que mensonges. En 2002, G. Bush déclare donc qu' « il n'y a aucun doute que Saddam Hussein possède des armes de destruction massive » et parle « d'un programme d'armement nucléaire ». Mais encore : « Les Etats-Unis ne laisseront pas le régime le plus dangereux de la planète les menacer avec les armes les plus destructrices du monde ». En 2002, Bush explique que l'Irak est responsable des attentats du 11 septembre. Seulement voilà, en 2004, Bush explique, excédé par les questions d'un journaliste : « Il n'y a pas de lien entre Saddam Hussein et le 11 septembre. »

Et cet homme est Président des Etats-Unis ?

La propagande menée en 2002 a néanmoins été très efficace. En Irak, les inspecteurs n'ont ceci dit rien trouvé . Par conséquent, le gouvernement a fait taire ces inspecteurs, puis a créé des preuves... Le chef des inspecteurs de l'ONU a ainsi été littéralement traîné dans la boue. Il s'est finalement réfugié à Stockholm à cause d'une campagne de diffamation à son égard. Autre fait scandaleux, la venue au Niger de Joseph Wilson pour le compte de la CIA, afin de prouver que ce pays fournit de l'uranium à l'Irak. Il ne trouva rien. Bush déclara l'inverse aux médias. D'où de très mauvais rapports depuis entre la Maison Blanche et la CIA. Wilson furieux a décidé de tout raconter dans le New York Times. Plus tard, un éditorial viendra démentir cet article, sous pression du gouvernement... A cette même période, Bush esquive soigneusement les journalistes et n'exige aucune enquête.

Durant six mois, une loi secrète fut préparée. Elle contenait 3 points. 1. Accès sans restriction aux données individuelles. 2. Perquisitions secrètes à domicile. 3. Ecoutes téléphoniques. En plus de cette loi, refusée par seulement trois Etats, s'ajoute un numéro vert, permettant aux gens de dénoncer tout comportement suspect... Tout cela soi-disant au nom de la liberté et de la défense des USA.

Depuis la guerre en Irak, la corruption s'est accrue. La revente du pétrole aux USA a de fait atteint des prix exorbitants. Les intérêts d'un petit groupe de financiers priment. L'industrie et le pétrole sont très liés au gouvernement. L'argent domine. Tout. Pour la petite histoire, le grand-père de Bush était dans les années 40 le 'banquier' du gouvernement d'Hitler. Ne croyez pas que je fais un rapprochement entre Hitler et Bush. Les médias sont en tout cas censurés sur ce thème, sensible. De même, il est « amusant » de voir que le père de G. Bush a mis au pouvoir Saddam Hussein, et lui a même fourni des armes. Mais pour des questions d'argent et de pétrole, il déclenche la Première Guerre du Golfe. Les USA ont néanmoins fourni à Saddam Hussein des armes biologiques et chimiques. Dans le même registre burlesque, Bush père a toujours été en lien (affaires) avec la famille de Ben Laden, ennemi numéro un des USA. Ainsi, au moment des attentats du 11 septembre, un des frères de Ben Laden était à une réunion d'affaires à New York. Le 12 septembre 2001, le seul avion autorisé à survoler le pays fut celui qui ramenait la famille Ben Laden en Arabie Saoudite. Pour raisons économiques. Comme toujours.

Une enquête fut réalisée sur le 11 septembre. Trente pages, classées top secret, furent amputées au dossier... D'autre part, même si la chute de Saddam Hussein fut un succès, aucune trace d'armes de destruction massive en Irak... Les néo conservateurs déclarent à présent que cette guerre a été lancée afin de destituer Saddam Hussein. Jolie Pirouette. Sous ordre du gouvernement, les médias sont tenus de ne presque plus évoquer les morts en Irak.

La guerre en Irak était prévue avant le 11 septembre. Au nom d'une guerre « préventive ». Cette idée est tout simplement ridicule. Une enquête sérieuse a été acceptée par Bush, mais les résultats ne seront connus qu'après la prochaine élection présidentielle. David Powel regrette à présent d'avoir cautionné cette guerre. Trop tard. Maintenant que certains éléments sont révélés au grand public, chacun se renvoie l'ascenseur. Le directeur de la CIA expliqua dernièrement ceci : « Nous avons surestimé les progrès faits par Bagdad dans le nucléaire. Mais nos services n'ont jamais parlé de l'Irak comme d'une menace imminente. » La vérité a donc été bafouée par la démocratie etatsunienne. Et par conséquent par le gouvernement. Le premier argument avancé (armes de destruction massive) a laissé place par la suite à l'idée d'une « guerre préventive »... Mais déclencher une telle guerre n'est-ce pas une idée complètement folle ?



Tous ces mensonges, toutes ces erreurs, tous ces intérêts financiers et (géo)politiques ont abouti à la situation dramatique que connaît l'Irak...

George Walker Bush est-il vraiment responsable de tout cela ?

Des positions qu'il avance, très certainement.

En ce qui concerne les interventions diverses au Moyen-Orient, la protection de l'environnement et la politique -intérieure comme extérieure-, il est évident que les leaders financiers (pétrole, industrie...) manipulent avec aisance le Président des Etats-Unis.

Il est alors sans doute regrettable que ce dernier ne remette pas en cause cette manipulation, ne serait-ce qu'au nom du Dieu dont il parle dans ces discours.

A moins que le Président actuel des Etats-Unis n'ait pas conscience d'être manipulé ?

En ce cas, G. W. Bush n'en est pas moins un incompétent.





Angel-B.
SIXIEME ARTICLE : BUSH AND HIS GOD, A GREAT LOVE STORY...

# Posté le mercredi 11 octobre 2006 14:01

Modifié le lundi 14 avril 2008 19:38

INTERLUDE : Quelques critiques de films & UNE INTERVIEW D'AMELIE NOTHOMB...

En attendant le prochain article, je vous propose, en tant que cinéphile, quelques unes de mes critiques de cinéma, postées sur l'excellent site Allociné, au lien suivant :


CLIQUEZ-MOI




Les réactions, c'est également ici !

La vidéo est une interview d'Amélie Nothomb par Pivot, je vous laisse apprécier...


Bonne lecture,


Angel-B.

# Posté le samedi 02 septembre 2006 19:31

Modifié le mercredi 09 janvier 2008 15:24

CINQUIEME ARTICLE : DU DA VINCI CODE AU FEMININ SACRE, PLONGEON DANS L'HISTOIRE DE L'HOMME...

CINQUIEME ARTICLE : DU DA VINCI CODE AU FEMININ SACRE, PLONGEON DANS L'HISTOIRE DE L'HOMME...
...DAN DA VRA BRO VIN I/F CI WN CO AUX DE...





Le Da Vinci Code de Dan Brown, publié en 2004, a connu un succès considérable partout dans le monde, en relançant notamment certains débats, qui tournent tous autour de l'Eglise. Il s'en est écoulé plus 500 000 exemplaires en France, et on contabilisait déjà plus de 12 millions de ventes à travers le monde, en septembre 2004 seulement ! Le best-seller a été traduit dans 40 langues, et a maintenant franchi le cap des 40 millions d'exemplaires... Bien évidemment, Hollywood ne pouvait pas passer à côté d'un tel phénomène, et c'est ainsi que Ron Howard s'est vu confier la réalisation de cette adaptation cinématographique. Sorti le 17 mai 2006, le film, décrié par la critique (notamment à Cannes), a néanmoins connu un succès équivalent à celui du roman. Il a par exemple atteint les 4 millions d'entrées en France, après seulement 5 semaines d'exploitation... Et ce nouveau succès ne s'estompe toujours pas à l'heure actuelle. Mais assez parlé de chiffres...

J'ai eu l'envie de voir ce film, même si je n'ai pas lu le roman. Soit dit en passant, en tant que film, c'est une très belle réussite... Passionnante de bout en bout, l'intrigue est bien fiscellée, la musique et les décors mystiques, et le duo Tom Hanks-Audrey Tautou fonctionne à merveille. Excellente fiction. Est-ce une bonne adaptation, ça, en revanche, je n'en sais rien...

Ma curiosité m'a par la suite poussée à me pencher un peu plus sur toutes les questions que soulève le Da Vinci Code : Jésus et Marie Madeleine ont-ils eu une descendance ? L'Opus Dei est-elle une secte ? Quel est son rôle au sein de l'Eglise ? Léonard de Vinci avait-il compris la signification du Graal ? Ses oeuvres sont-elles codées ? Le Prieuré de Sion a-t-il existé ? ... Autant d'interrogations qui m'ont amenées tout naturellement dans une librairie, où j'ai demandé qu'elle était la meilleure enquête publiée à ce jour à propos du Da Vinci Code. Et dieu sait qu'elles sont nombreuses. Je voulais absolument discerner le faux du vrai dans cette oeuvre. Je me suis ainsi retrouvé dans mon lit tous les soirs à lire "Code Da Vinci : L'enquête". Mais, avant de parler de l'oeuvre en elle-même, un petit mot sur les auteurs de ce livre, Marie-France Etchegoin et Frédéric Lenoir. La première est grand reporter au Nouvel Observateur, et le second est docteur de l'Ecole des hautes études en sciences sociales, et rédacteur en chef du Monde des religions. Deux personnes de qualité sur le plan professionnel. Parlons donc un peu de cette enquête.

Elle est organisée en 5 parties : le Prieuré de Sion. Léonard de Vinci. Jésus & Marie Madeleine. La "conspiration catholique" (de Constantin à l'Opus Dei). Et enfin les correspondances entre les lieux du roman. Le contenu est fouillé et très dense. Le tout est approfondi, argumenté, vérifié et justifié.

Que retenir de cette enquête ? Je ne vais pas déballer ici son contenu, ce serait très long et assez incompréhensible ! De façon synthétique, je dirais que ce livre prouve (et j'insiste sur l'emploi de ce verbe) que le Da Vinci Code est une fiction dont les sources prennent appui sur des faits réels, mais dont les sens sont modifiés, afin d'offrir au lecteur un excellent... roman. Car il ne faut pas confondre réalité et fiction. Depuis la parution de ce roman, des milliers de lecteurs se pressent sur les lieux de l'intrigue, cherchant à percer les mystères et les révélations 'explosives' du Da Vinci Code. Persuadés que ces révélations sont fondées. Erreur. Ce que Dan Brown annonce comme des révélations ne sont que des créations littéraires (réussies, certes), car même si elles s'appuient sur des faits historiques véridiques, leur sens est déformé, au profit du romanesque.

Pour ne citer qu'un seul exemple, je tiens à parler un peu de La Joconde... Selon Dan Brown, Léonard de Vinci aurait percé le mystère autour du Graal. Mieux, il aurait fait partie du fameux Prieuré de Sion, chargé de protéger le dit Graal... Faux. Pour cause d'anachronisme : De Vinci est mort en 1519, et le Prieuré de Sion a été créé... en 1956 ! (Une association un peu douteuse en fait) Cherchez l'erreur... Aucun indice ne vient accréditer la thèse de l'existence du Prieuré de Sion.
Pour en revenir à la Joconde, notre exemple donc, je vous propose une analyse des "révélations" du Da Vinci Code à ce sujet.

Tout d'abord, selon Dan Brown, Mona Lisa serait l'anagramme d'Amon l'Isa, Amon étant le dieu de la fertilité masculine chez les Egyptiens, et l'Isa l'ancien pictogramme d'Isis, le pendant féminin d'Amon. Selon cette théorie, Mona Lisa symbolise donc (je cite) "l'union divine de l'homme et de la femme". Mieux encore, la Joconde est "le portrait d'un androgyne". "Et c'est pour ça que son modèle arbore ce curieux petit sourire entendu" (p. 154-155), explique le personnage de Langdon. 'Pourquoi pas ?', me direz-vous... Je dois avouer que cette hypothèse m'a séduit, et m'a même paru plausible... Sauf que Léonard de Vinci n'a titré aucune de ses oeuvres. Aïe. Il n'a donc jamais appelé son tableau Mona Lisa. J'étais très déçu... C'est Vasari qui, en 1550, nomme ainsi celle qui figure sur la toile : " Monna Lisa, épouse de Francesco del Giocondo ". Monna est la contraction de Madonna, qui signifie Madame... Nous sommes loin d'Amon et Isis. Cette thèse est donc fausse. Séduisante et romanesque, mais fausse. Voilà ce que l'on peut dire de ce premier aspect de la Joconde.
Ensuite, Dan Brown évoque à plusieurs reprises l'androgynie de cette femme (?) mystérieuse. Selon lui, elle traduit la thèse Amon-Isis, Masculin-Féminin... Ce qui n'est pas tout à fait faux. Mais, les historiens pensent que cette androgynie ne viendrait pas de cette thèse, mais plutôt du fait que Léonard de Vinci était homosexuel. Là encore, Dan Brown prête un tout autre sens à la réalité... De même, l'écrivain évoque certains faits qu'il dit "historiques", qui ne le sont pas ! Ainsi, lorsqu'il sous-entend que De Vinci déterrait les corps des morts, le lecteur doit 'COMPRENDRE' que Léonard allait dans les écoles de médecine pour disséquer les corps des criminels... Nuance. En revanche, il est vrai que l'artiste écrivait à l'envers, d'où l'usage du miroir à la lecture...

Pour en terminer avec la Joconde, voici le troisième et dernier aspect de cette peinture : "la ligne d'horizon est nettement plus basse à gauche de Mona Lisa qu'à droite". Selon Dan Brown, Léonard a voulu célébrer le "féminin" avec cette "astuce volontaire". "En abaissant la ligne d'horizon sur la gauche, le peintre fait paraître Mona Lisa plus grande de ce côté qu'à droite". Or, "selon une tradition très ancienne, le côté gauche est associé au féminin et le droit au masculin. Léonard a choisi ce déséquilibre pour glorifier cette partie gauche." (p. 153) Cette dyssimétrie est bien réelle. Elle explique en partie le charme ensorcelant du tableau. Mais elle tient au fait que le modèle pose de trois quarts. Ce qui était le cas pour la plupart des portraits réalisés à l'époque. "Mais Léonard de Vinci joue à merveille de cette posture", comme l'explique l'enquête : "selon que notre oeil fixe l'horizon, d'un côté ou de l'autre du tableau, la stature, l'attitude et même l'expression de Mona Lisa changent : son sourire est mélancolique si l'on regarde à gauche ; il est gai si l'on regarde à droite." Je n'avais jamais remarqué cela auparavant... Faites l'expérience, vous verrez c'est... troublant. Vasaris raconte par ailleurs que L. De Vinci fit venir des musiciens, des bouffons et des danseurs pendant les séances de pose, dans le but d'obtenir ce sourire si énigmatique. Parfaite imitation de la nature, notamment grâce au célèbre Sfumato, qui consiste à superposer couleurs et matière, noyant ainsi les "contours d'une vapeur légère", selon les propos de Diderot (j'ai une pensée pour quelqu'un, là...).


Voilà ce que l'on peut dire sur la Joconde. Imaginez ce que cela donne pour l'ensemble des références auxquelles renvoie le Da Vinci Code... Reste à savoir qui est la Joconde : il ne s'agit pas d'une commande, et De Vinci l'a emportée avec lui à la Cour de François Ier...

Cet exemple de la Joconde est valable pour tous les autres éléments présents dans le roman. A savoir que le Da Vinci Code interprète à sa façon oeuvres d'Art et faits historiques. Et, qui dit interprétation, dit subjectivité... Le roman s'inspire parfois de vieilles légendes ou de mythes ancestraux. D'autre part, il donne des interprétations, parfois vraies, parfois fausses, fantaisistes ou farfelues... Dan Brown annonce ces déformations de la réalité comme des révélations véridiques. Tout le problème est là : le Da Vinci Code, qui est une fiction, prétend être une source de vérités historiques !







Néanmoins, si l'on chasse de notre esprit anachronismes, mensonges, contre-vérités, oublis volontaires et créations en tout genre..., nous pouvons constater que le Da Vinci Code soulève dans le fond une question passionnante (et vraie, cette fois-ci...) : le Féminin Sacré. En effet, le Féminin sacré est évoqué tout au long du roman, et Dan Brown ne s'est pas trompé sur ce point-là...


Le Christianisme rejette le corps (dévalorisé au profit de l'âme) et condamne de façon assez obsessionnelle le plaisir sexuel. Paradoxe, puisque ce mépris de la chair a succédé à la religion de l'Incarnation... Ce rejet du corps et cette condamnation du plaisir sexuel sont d'autant plus choquants qu'éclatent partout à travers le monde des scandales mettant en cause des ecclésiastiques : on condamne d'un côté ce qu'on pratique de l'autre (et parfois de manière perverse). La révélation d'une série de scandales pédophiles touchant l'Eglise catholique n'y est d'ailleurs pas pour rien dans le succès fulgurant du Da Vinci Code aux Etats-Unis...

La question de la sexualité est donc un sujet épineux pour l'Eglise... A ce propos, Jésus est discret quant à la sexualité : il ne condamne pas des femmes à la réputation douteuse ; il ne dissocie pas le corps tentateur et méprisable de l'âme pure et admirable ; il rejette toute morale de manichéisme, d'opposition radicale entre le bien et le mal ("Ne cherchez pas à séparer le bon grain de l'ivraie.")... Bref, tout l'inverse, ou presque, de ce qu'avancent certaines personnes actuellement. [...]
L'enquête résume bien je pense cette pensée qui met en avant la Tolérance et l'Amour : "La vie spirituelle qu'il propose est un chemin de sublimation par l'humilité et par l'amour, et non une lutte acharnée contre le diable et la tentation. Il invite ses disciples à porter davantage leur regard sur la miséricorde de Dieu et les forces de bonté cachées dans le coeur de l'homme que sur le péché et la faute." Il me semble que cette idée serait à méditer pour un grand nombre de personnes... Mais le combat contre le péché et la luxure remonte aux premiers grands penseurs du christianisme d'Occident, qui étaient de grands...coureurs de jupons ! Repentis. [...]Ce 'combat' apparaît dès lors plus comme une lutte contre eux-mêmes et leur passé qu'une lecture fidèle des évangiles... Malheureusement, leur influence a été décisive, car elle elle a marqué l'histoire du Christianisme, entraînant une lutte incessante contre le plaisir sexuel.

D'où la condamnation par l'Eglise du plaisir hors mariage, de la pilule, du préservatif, de l'homosexualité, de la masturbation, etc... Le Da Vinci Code touche à sa façon ce sujet de la sexualité dans l'Eglise. Mais revenons-en au Féminin Sacré...


Il est essentiel de comprendre que le mysticisme, avant la création des religions (notamment révélées), avait la 'forme' du Féminin Sacré, il y a des milliers d'années. Le Féminin incarnant la douceur, le maternel, la naissance..., il est logique qu'il soit sacré. Ainsi, du paléolithique au mégalithique, les peuples d'Europe et du Moyen-Orient adoraient une grande déesse primordiale, une divinité féminine dont la fonction maternelle se doublait parfois d'une fonction érotique (gravures et sculptures le prouvent). Le pouvoir féminin de donner la vie était perçu comme un grand mystère et considéré comme divin. La plupart des sociétés étaient matriarcales. Mais, quelques milliers d'années avant J-C, cette vénération prît fin, quand les Indos-Européens envahirent l'Europe par l'Est, apportant alors la croyance en des dieux mâles. D'où les mythes de combat entre des héros mâles contre la déesse... Les sociétés patriarcales apparurent et le statut de la femme déclina. Ainsi, la Déesse, la Prêtresse et la Mère furent substituées par le Dieu, le Prêtre et le Père, dans tous les systèmes religieux issus de la Bible : Judaïsme, Christianisme et Islam. L'Eglise catholique refoula donc le Féminin sacré.

Mais, sous la pression de la dévotion populaire, l'Eglise favorisa dans un premier temps le culte de la Vierge Marie, qui se substitua parfois trait pour trait à certaines figures antiques de la grande Déesse...qui inspira également Vénus-Aphrodite, Astarté, Isis-Nout, Ishtar, Baalat, etc. Hum, hum... [...]

Néanmoins, la Madone, la Vierge Marie, qui prend la place de toutes les déesses de l'Antiquité, est édulcorée et sans sexualité, confinée à son rôle maternel... Si les déesses primordiales étaient fécondées par le ciel, l'air, le feu ou le serpent, la mère de Jésus fut fécondée...par l'Esprit Saint. Je vous laisse le soin de juger tout cela... [...]
A côté de la Vierge, l'Eglise a instauré la Prostituée sacrée, incarnée par Marie Madeleine. Celle-ci fut occultée par les apôtres et les premiers théologiens chrétiens, sans doute à cause d'un réflexe machiste. Et non pas la thèse de son union avec Jésus, évoquée par Dan Brown... Marie Madeleine deviendra à partir du Moyen Âge une figure mythique, un archétype féminin qui assumera la polarité érotique confisquée à la Vierge Marie.

Vierge Marie et Prostituée Sacrée (seules figures féminines...) ne doivent cependant pas faire oublier que Dieu reste encore typiquement masculin dans le christianisme et les autres religions monothéistes... et que les femmes sont globalement exclues des fonctions religieuses majeures. Charmant, n'est-ce pas mesdames ?

Tout cela a eu pour conséquence un refoulement de la dimension féminine du Divin et, en bonne partie, une sujétion des femmes. Le culte de la Vierge Marie, puis la dévotion à Marie Madeleine, "la pécheresse repentie", sont venus en quelque sorte compenser cette hyper-masculinisation du divin. Malheureusement, en vain, car les choses n'ont pas beaucoup évolué en la matière... [...]



L'Eglise qui a, par ailleurs, soutenu Franco, n'a rien fait lors de la Shoah (même pas une condamnation), sans parler de l'Inquisition, ni du fait qu'elle est à la base (dans un certain sens) de l'antisémitisme et du machisme. Mais il s'agit d'autres sujets... trop sensibles et controversés pour être évoqués ici. [...]






On assiste en ce moment à une féminisation de la société, accompagnée d'un retour au mysticisme... Sans doute parce que la Raison empêche le développement du Rêve, de l'Imagination, et sans doute de l'Espoir... Car l'avénement de la Raison, au XVIIIè siècle notamment, a permis à nos sociétés de faire un bond en avant, mais cela s'est fait au détriment de l'imaginaire, de la symbolique, du besoin de sens et de sacré.



Mais l'Essentiel n'est-il pas de trouver un juste milieu entre Raison et Mysticisme ? Entre certitudes et doutes ? Entre Terre et Ciel ? Entre visible et invisible ? Entre quête de la Vérité et quête du Bonheur ?


L'Essentiel n'est-il pas d'établir des Correspondances (cf. Baudelaire...) ?


Pour finir, je concluerais par ceci :

Le Da Vinci Code est une excellente fiction, film comme roman, qui soulève certaines questions pertinentes, parfois... Mais la réalité des "révélations" avancées est en général tout autre...

Le succès du Da Vinci Code montre en tout cas un réel besoin de mysticisme (de même que les recherches initiatiques telles que Le Seigneur des Anneaux ou Harry potter... et bientôt A la Croisée des mondes...), dans ce monde où la Raison et l'argent dominent tout... Le matérialisme dans lequel nous vivons est si éloigné et opposé au mysticisme...


Le courant Romantique du XIXè siècle est plus que jamais d'actualité, car l'Homme ne doit pas perdre de vue le fait qu'il possède 3 potentialités magnifiques : l'Esprit (liée à la Culture), le Coeur (liée à l'Amour) et l'Âme (liée à la Transcendance).



A lui de trouver un équilibre entre ces 3 potentialités, afin de trouver le Graal...
...
...
...
...
c'est-à-dire le Bonheur et l'Amour.



Angel-B.

# Posté le dimanche 21 mai 2006 12:16

Modifié le mardi 03 juin 2008 18:54

QUATRIEME ARTICLE : "LES CHOSES DE LA VIE..." -Cycle Cinéma-

J'ai décidé de créer un cycle Cinéma, qui me permettra de vous parler (de temps en temps) des films qui m'ont le plus marqués. Ceux que je n'ai pas oubliés. Ceux qui ont changé quelque chose dans ma vie. Je vous présente ici le premier 'volet' du cycle, à savoir "Les Choses de la vie"...



Les Choses de la Vie... de Claude Sautet, avec Romy Schneider, Michel Piccoli, Léa Massari... (1970)



* SYNOPSIS :

Victime d'un violent accident de voiture, Pierre, un homme d'une quarantaine d'années, revoit défiler des instants qu'il a vécu, des choses toutes simples, des choses du quotidien : les choses de la vie...


Ce film est un chef-d'oeuvre.

Il est - et
restera - le film qui m'aura le plus touché, à tout niveau. Des coïncidences avec mon histoire personnelle ont fait que ce visionnage a été à la limite du supportable sur le plan émotionnel...

Ce f
ilm débute par la scène de l'accident de voiture, qui est d'une violence extrême. Elle sera revue par le spectateur tout au long du film, mais filmée de façon différente à chaque fois (plus rapidement, plus lentement, etc...). Cette scène est bien entendue de plus en plus dure à voir au fur et à mesure que l'on s'attache à cet homme... Car l'on s'y attache...

Ces scèn
es de l'accident sont alternées par des souvenirs, des choses de la vie... La scène de l'accident, sous un autre angle, sous un autre point de vue, devient très pénible à regarder. Ces souvenirs, ces "choses" sont belles, parce que simples. Peu à peu, l'émotion vous gagne, vous saisit à la gorge. Toutes les scènes qu'on a vu le long du film, qui pouvaient paraître alors anodines, prennent alors une ampleur, une dimension, une densité dramatique impressionnante.

Rom
y Schneider est remarquable, Michel Piccoli est parfait, ce qui apporte au film crédibilité et authenticité. Claude Sautet (le réalisateur dont les films me touchent et me "parlent" le plus) saisit en un film l'essentiel d'une vie, ce qui compte vraiment.

La musique, d
e Philippe Sarde, est sans aucun doute une des plus bouleversantes que j'ai pu entendre à ce jour. Elle suffit à elle seule à émouvoir.

Ajout
ez-y le talent de Sautet pour mettre en images le quotidien d'un homme, en parallèle avec la mise en scène de l'accident, vous obtenez... une merveille.

Ce
film possède en plus, au-delà de l'aspect technique et de l'aspect émotionnel, une force étrange : 75 % du film ne prêtent pas du tout à pleurer. On trouve ces souvenirs beaux, mais l'émotion "tragique" (si je puis dire...) n'est pas là. Et puis, brusquement, toutes ces scènes "légères", qui flottaient dans l'air au-dessus de nous, paisibles, nous tombent dessus, avec une violence inouïe.

Pourq
uoi ne restent-elles pas "en l'air" ? Je l'ignore.

Peut
-être ce destin nous ramène-t-il à notre propre existence, notre propre vie, notre mort...

Quoiqu'
il en soit, la tension dramatique est telle qu'elle dépasse notre seuil de tolérance (face au supportable), ce qui explique sans doute le fait que l'émotion nous gagne vers la fin du film. Ceci dit, le film ne tombe jamais dans le pathos.

Ma
is il est tout de même insupportable passé un certain stade, qui varie je pense d'un individu à l'autre. Les larmes sont l'aboutissement de tout ce que l'on a enduré au cours du film.

Je recommande ce chef-d'oeuvre à tous, étant donné que ceux qui ont perdu un être aimé s'y reconnaîtront, et ceux qui ont eu la chance et le privilège de n'avoir pas perdu de proche aimé pourront comprendre ce que ressentent ceux qui ont vécu ce cauchemar, ou du moins s'en rapprocher...

Toutefois,
attention, car ce film remue le couteau dans la plaie, ce qui peut s'avérer extrêmement dangereux... Je sais de quoi je parle.

De plus, ce
film permet de voir où nous nous situons face à la Mort, et surtout face à la disparition prématurée d'un être que nous aimons.

Cette merveil
le est en fait le reflet de notre condition d'Homme, de mortel...

EN B
REF : Le film le plus bouleversant que j'ai pu voir. Celui qui se rapproche le plus de ce que j'ai pu ressentir face à la mort de mon père, et je pense que c'est la même chose pour toutes les familles qui ont vécu "ça"... Jamais aucun autre film ne parviendra à atteindre cette vérité : le reflet d'une vie, d'une mort, des choses de la vie...









Je tiens également à parler de ces choses de la vie. Que sont-elles ? Des instants, des moments précis, éparpillés sur l'ensemble de notre vie...

Et ce sont c
es « choses » qui constituent notre joie de vivre, notre vie... Comment des choses aussi simples peuvent-elles combler une demande aussi complexe qu'est la recherche du Bonheur ? C'est paradoxal... Mais j'ai noté que tout était paradoxal, c'est curieux à observer.

Mais alors, qu'est
-ce que le Bonheur ? Probablement un état d'esprit. Une façon de voir les choses peut-être... Je ne sais pas trop.

Ce que je s
ais, c'est que je suis (actuellement) heureux. Je déteste parler de moi en général, mais, étant donné que les personnes malheureuses sont monnaie courante, je vais faire un effort pour tenter de soulever certains points qui m'ont permis de devenir ce que je suis. Attention, je ne détiens aucune vérité, il ne s'agit donc pas de la recette du bonheur !

Bien. Pour des raisons qu
i me sont personnelles et qui n'auraient pas lieu d'être ici, je suis arrivé à un état d'esprit épouvantable, il y a quelques mois à peine.

J'étais hanté pa
r la Mort, je ne dormais presque plus, et je ne parlais de tout cela à personne. Je voyais les choses en noir. Comme l'a dit joliment Barbara, j'avais « le mal de vivre ». Mes papillons noirs ne percevaient aucun avenir pour moi, aucune chance d'être aimé par qui que ce soit, et surtout un désir de mourir. Tout est dit, je crois.

A ce propos, j
'ouvre une petite parenthèse : le suicide est à mes yeux un échappatoire, et il s'agit donc à la fois d'un acte de bravoure, mais aussi d'un acte de faiblesse dans un certain sens, puisque c'est une façon de fuir notre destin... Fermeture de la parenthèse.

Comme vous pouvez le consta
ter, je ne suis pas mort ! Loin de là. Mes pensées noires m'ont poussé à écrire des poèmes, à travers lesquels j'ai commencé à transcender par l'Art (à mon niveau, bien sur !) ma souffrance.

Je n'ai parlé de tout cela à
personne pendant plusieurs mois, et personne ne voyait rien. C'est le genre de choses que l'on ne remarque souvent pas, car c'est profondément enfoui en nous.

Un jour, mon corps a tiré la
sonnette d'alarme. En effet, un dimanche, je me suis réveillé avec une migraine (je suis migraineux...), qui s'est peu à peu transformée en une crise qui ne porte pas de nom. Elle a duré plusieurs heures. Je suis resté allongé sur mon lit, sans pouvoir trop parler, et surtout avec une douleur au crâne insupportable et des convulsions nerveuses. Je me souviens encore avoir vu à de nombreuses reprises une de mes mains se contracter violemment, sans que je l'ai voulu, et je me rappelle également l'avoir refermé à chaque fois, péniblement. Cette crise impressionna tout le monde, au point que ma famille a hésité à m'amener aux urgences... La crise est finalement passée en fin de journée.

J'a
i pris la décision (dans ces eaux-là) de voir un psychomotricien, c'est-à-dire quelqu'un qui permet d'agir sur le psychique des gens à partir du physique, en gros... Je l'ai vu durant quelques mois, et je dois dire que cette personne m'a permis de sortir la tête de l'eau, voire plus... Je lui en serai éternellement reconnaissant...

Agir sur mon
corps m'a permis de modifier peu à peu mon état d'esprit. J'ai pris conscience de beaucoup de choses, que j'ignorais jusque là... Un seul exemple : m'obliger à agir sur ma respiration m'a aidé à me décontracter peu à peu. Tout cela a été un travail de longue haleine, mais ça en valait la peine.

Enfin, l'autre évén
ement qui m'a permis de m'en sortir a été une certaine façon de penser, qui se rapproche du bouddhisme. J'ai découvert cette façon de percevoir notre monde, notre vie et notre mort, et je dois dire que ça m'a beaucoup aidé, et aujourd'hui encore.

Aussi
, je veux dire à tous ceux qui se sentent « mal » ceci :
Le pas
sé est la fondation de notre fonctionnement psychologique. Notre enfance détermine ce que nous sommes plus tard. Je crois que nous ne devrions pas essayer de supprimer nos angoisses. Nous devrions plutôt tenter d'apprendre à mieux vivre AVEC elles, et non SANS.
L'introspection est do
uloureuse, mais elle permet de mieux se connaître si on le fait sérieusement et de façon approfondie. Il faut tenter de transcender la souffrance en force, en énergie...
Par exemple, sans v
olonté de caricaturer de ma part, on remarque que les plus grands artistes étaient presque tous dépressifs, anxieux, malheureux, etc.
La souffrance engendre l
a Création.
Par exemple, lorsqu
e je relis ce que j'ai écrit au cours de cette période de souffrance, je me dis que je serais incapable d'avoir écrit ça si je n'avais pas autant souffert.

(Il ne faut pas supprimer les souffrances et les angoisses, il faut les apprivoiser peu à peu. Pour ma part, je suis parvenu à apprivoiser la peur de ma propre mort. En revanche, je n'arrive pas à apprivoiser la peur de la perte des êtres que j'aime... Je pense que je n'y arriverai jamais. Et, c'est normal je crois... Mais la Mort reste encore très présente chez moi. Je vis avec. Je la porte en moi. J'ai la sensation d'amener partout où je vais mes morts, comme s'ils étaient en moi. C'est beau. C'est émouvant de porter cela en soi. J'ai appris à vivre avec ces morts. Comme quoi, la Mort peut être un pont vers le bonheur. C'est cruel et paradoxal de dire ça, mais je le pense sincèrement.)

Musset disait, si je me souvi
ens bien, que nul Homme ne se connaît tant qu'il n'a pas souffert. Il avait raison : la souffrance permet de créer une force/énergie qui transcende notre vision des choses. Le bonheur est un état d'esprit, rien de plus, rien de moins.

Ma vision des ch
oses actuellement est qu'il faut vivre l'instant présent, sans penser ni au passé, ni à l'avenir. Nous sommes quand même obligés parfois de prévoir certaines choses, mais je pense que réduire ces pensées permet de mieux profiter de l'instant que nous vivons, là, maintenant. Il existe pour moi une grande nuance entre "penser" et "réfléchir". Je fléchis à mon avenir, mais je ne pense pas à mon avenir. Nuance...

Je suis convaincu que la Mo
rt n'est pas une fin en soi. Je pense plutôt qu'il s'agit d'un passage vers autre chose, quelque chose de différent, que notre cerveau n'est pas fait pour comprendre. Je n'ai aucune certitude sur ce que ça sera, mais je suis sur que la Mort n'est pas une fin. D'ailleurs, notre univers n'a ni de début, ni de fin. Mais nous ne sommes pas fait pour comprendre cette notion de non-début et de non-fin. Nous ne pouvons pas l'envisager.


Alors po
urquoi vivre, me direz-vous, puisque la mort n'est pas une fin ? Je répondrais alors cela :

«
La vie vaut la peine d'être vécu pour une seule choses : l'Amour... Ca peut paraître dérisoire, niais, illusoire de penser ça, mais c'est la seule chose qui me pousse à continuer à vivre. Être vrai avec les gens, être toujours authentique, les aimer pour ce qu'ils sont... Les aimer. Aimer est ce qu'il y a de plus magique en ce monde, bien plus que toutes les religions réunies. Les religions sont des leurres, des illusions, une création de l'Homme pour se rassurer... Ma seule philosophie est que l'Amour prévaut sur tout le reste et qu'il est bien plus fort que la Mort, qui n'est alors qu'un passage vers autre chose, vers un ailleurs, différent... La vie est belle et cruelle à la fois, c'est vrai... Mais bon, il faut essayer de transformer le Négatif en Positif, même si ce n'est pas évident. Transcender la Mort d'êtres aimés en Energie, en Vie... « La Mémoire est la sépulture des morts... » J'aime beaucoup cette citation. Elle a trouvé un écho chez moi. (Soupir) 'Les Choses de la vie...' Les choses de la vie, ce sont nos souvenirs, bons comme mauvais, ces instants qui constituent notre vie, notre mémoire... Ils sont là. On vit avec. Les Choses de la Vie, c'est... l'espoir, le bonheur






Si certains souhaitent discuter de certaines choses, ce sera avec plaisir.

Laissez vo
s commentaires, j'y répondrai, et j'afficherai le tout à la suite de cet article...








Pens
ées affectueuses (même à ceux que je ne connais pas).

Angel-B.

# Posté le mercredi 19 avril 2006 12:05

Modifié le dimanche 29 juin 2008 19:30

TROISIEME ARTICLE : INGRID BETANCOURT, femme admirable, otage durant plus de 5 ans...

TROISIEME ARTICLE : INGRID BETANCOURT, femme admirable, otage durant plus de 5 ans...
Ingrid Betancourt est né en 1961, en Colombie. Durant quelques années, son père est ambassadeur de Colombie à l'UNESCO, ce qui permet à Ingrid de passer une partie de son enfance en France. A Paris, elle assiste à la venue de politiques colombiens dans le domicile familial. Elle côtoie aussi le poète chilien Pablo Neruda, ou encore l'écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez, tous deux amis intimes de ses parents. Je vous dis cela car l'enfant qu'était Ingrid a appris la grandeur de son pays à travers ces personnages.

A 19 ans, elle quitte la Colombie pour faire ses études à Paris. Diplômée de Sciences Po, elle épouse un diplomate français, Fabrice Delloye, qui lui donnera deux enfants, Mélanie et Lorenzo (qui ont aujourd'hui une vingtaine d'années). Bien qu'elle s'ennuie de sa Colombie natale, elle vit pendant plusieurs années une vie paisible, de femme de diplomate.

Jusqu'au jour où sa vie bascula. En 1989, la mère d'Ingrid travaille à la campagne électorale de Luis Carlos Galan, candidat à la présidentielle de l'année suivante. Il faut savoir que la Colombie ets en pleine guerre des bombes, et que Galan est le seul à demander à la Colombie de signer le traité d'extradition pour les narcotrafiquants, réclamés par les Etats-Unis. Mais, le 18 août 1989, Galan est assassiné, sous les yeux de la mère d'Ingrid... Celle-ci comprend alors qu'elle doit revenir en Colombie et se battre.

C'est une décision plus que courageuse. Il est facile de rester bien au chaud dans notre petite bulle de confort... D'autant plus que la Colombie est alors en pleine guerilla, entre les marxistes, les paramilitaires, les cartels de la drogue et les politiciens impuissants... ou corrompus. Bref, peu de gens prennent le risque de s'engager pour sauver le peuple colombien.

Ingrid Betancourt met donc de côté sa vie de famille afin de se battre pour l'avenir de la Colombie. Voici le récit de ses activités à ce moment-là :

- Elle travaille d'abord à l'élection de sa mère au Sénat.
- Puis, elle entre au Ministère des Finances.
- Après quelques années, frustrée du peu de résultats obtenus, Ingrid décide de se lancer dans la politique avec son amie Clara Rojas.
- Elle n'a alors de cesse de dénoncer la corruption des politiques, et en particulier celle d'Ernesto Samper (qu'elle a pourtant soutenu, tièdement, lors de la campagne présidentielle de 94).
- Elle condamne la corruption, la violence, se bat pour le développement régional et pour les plus démunis.
- Elle est menacée de mort, à plusieurs reprises. Elle échappe à un attentat. Elle est finalement obligée d'expatrier ses enfants. Des journalistes peu scrupuleux n'hésitent pas à relayer des accusations odieuses, portées par ses opposants politiques. Ingrid doit défendre plusieurs fois son honneur, et en sort toujours blanchie.
- En 1994, elle est élue députée.
- En 1998, elle est élue sénatrice. Cette même année, elle fonde son propre parti, "Oxygène".
- Fin 2001, elle démissionne de ce poste de sénatrice, convaincue que la seule façon de changer le système est de se faire élire à la présidence...

Le 23 février 2002, deux mois avant les présidentielles, au début même de sa campagne électorale, Ingrid Betancourt et sa directrice de campagne, Clara Rojas, sont toutes deux enlevées par les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie, soit les FARC, sur la route de San Vicente. Cette municipalité fait partie de l'enclave concédée aux FARC dans le cadre des négociations de paix. Son maire est d'ailleurs membre du parti Oxygène d'Ingrid, depuis octobre 2000.

Ingrid avait promis à la population de cette ville qu'elle reviendrait les voir. Ce qu'elle a tenté de faire ce 23 février...

Le contexte n'était, hélas, guère favorable. En effet, le gouvernement avait rompu les négociations de paix le 20. Pire, le jour de l'enlèvement, l'armée lançait une offensive militaire pour reprendre cette région aux FARC.

Ingrid avait rencontré les FARC en 2002. Les FARC ne demandent pas de rançon pour Ingrid, mais des négociations avec le gouvernement, pour un échange de prisonniers contre un peu plus de 400 guérillos détenus par le gouvernement.


Automne 2007. Ingrid Bétancourt est bien vivante. Dans un état de santé critique d'après les images qui nous sont parvenues, mais vivante. La lutte pour sa libération continue. De nombreux gouvernements tentent de négocier avec les FARC. 3 000 autres personnes sont otages dans le monde...

La liberté d'Ingrid Betancourt, c'est aussi la notre.

Une pétition est en cours. Il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous pour la signer :

Cet acte est essentiel : il est symbolique !

Merci au site
, qui m'a permis de réaliser cet article. Il permet de connaître les toutes dernières infos à propos de la captivité d'Ingrid, mais aussi des moyens de soutien...

J'ai une pensée émue pour sa famille, son mari, sa mère, ses enfants, ses amis, ses collègues et autres... L'attente, qui dure depuis plus de 4 ans, doit être terrible.

Edit : Ingrid Bétancourt a été libérée en 2008, au grand soulagement de sa famille, évidemment.

S.V.P, N'OUBLIEZ PAS QUE DES 3 000 PERSONNES SONT OTAGES A TRAVERS LE MONDE.

Merci,

Angel-B.

# Posté le mercredi 22 mars 2006 13:30

Modifié le mardi 09 septembre 2008 10:20